mercredi 20 mai 2026

La hutte d'herbes

Sekito Kisen :

"J’ai bâti une hutte d’herbes dans laquelle vous ne trouverez rien de valeur.

Après manger, je me détends et fais un somme. Quand elle fut terminée, des herbes folles l’envahirent Elle est maintenant habitée, couverte de mauvaises herbes. 


L’habitant de la hutte y vit paisiblement Ne dépendant ni de l’extérieur, de l’intérieur ou de l’entre-deux. Les lieux où vivent les hommes du monde, il n’y séjourne guère Les royaumes qu’ils chérissent, il ne les aime pas.

 Bien que la hutte soit petite, elle contient l’univers sans fin Dans un espace de dix pieds carrés, un vieil homme illumine les formes et leur nature. 

Un bodhisattva du Mahayana a une foi sans faille. Les autres ne peuvent que douter et ruminer. 


Cette hutte disparaîtra-t-elle ou pas ? Périssable ou non, le maître originel est ici Ne résidant ni au sud, ni au nord, ni à l’est ou à l’ouest."


jeudi 22 janvier 2026

Les dix images du buffle

 

Les dix taureaux ou encore les dix images du buffle sont une série de dix poèmes utilisés dans les traditions bouddhistes chan et zen, chacun étant, le plus souvent, accompagné d'une illustration. L'ensemble présente et figure les étapes de l'entraînement religieux qui conduit à terme le pratiquant à l'éveil et à la véritable libération.

Poèmes et images décrivent le cheminement d'un bouvier qui cherche un buffle sauvage et qui, l'ayant trouvé, parvient progressivement à le pacifier et à le dresser.

Ce thème du bouvier et du taureau apparaît déjà dans la littérature bouddhique des premiers siècles de notre ère, et il se développe en Chine dans l'école chan à partir du VIIIe siècle, puis au Japon. Par ailleurs, on retrouve aussi ce thème dans le bouddhisme tibétain, avec un éléphant en lieu et place du taureau, ainsi que dans le taoïsme, où le taureau est remplacé par un cheval.

Dans leur principe, les différentes versions de ces tableaux montrent un jeune bouvier qui cherche un buffle sauvage dans la campagne afin de le dompter et le dresser. Ce bouvier symbolise le pratiquant qui veut maîtriser le « buffle » de son ego et de son mental en proie au jeu des pensées et des passions, de manière à mettre son esprit illuminé et pacifié au service de tous les êtres. En principe, chaque tableau porte un titre et s'accompagne de commentaires sous forme de poème. L'ensemble déroule donc le processus de l'éveil à travers la pacification du chaos de l'esprit et de la réalisation de la véritable véritable de l'être humain, à savoir la nature de Bouddha.


jeudi 6 novembre 2025

Les Trois Trésors

 Zazen et Bouddhisme

Le mot zazen est formé de deux mots japonais : za, « s’asseoir », et zen. Ce dernier vient du mot chinois ch’an, lui-même issu de la translittération du mot sanskrit dhyāna, qui signifie « méditation ».
Différentes formes de méditation assise existaient déjà avant la naissance de Gautama Bouddha — par exemple, dans le yoga.
Dans le bouddhisme, ce qui nous intéresse, c’est la pratique consistant à s’asseoir dans la même posture, dans le même état du corps et de l’esprit que celui de Gautama Bouddha. Dans cette posture, nous faisons directement l’expérience du Dharma, c’est-à-dire de la réalité simple qui se présente à nous, telle qu’elle est, sans le filtre des pensées, des espoirs, des intentions, des ambitions, des préférences ou des rejets.



Les enseignements du Bouddha

Même si l’acte de simplement s’asseoir en zazen peut sembler trop simple pour susciter l’intérêt, il est essentiel de remarquer que, dans notre vie quotidienne, nous passons notre temps à interpréter le monde au lieu de simplement « être » dans le monde tel qu’il est.
S’asseoir en zazen, c’est expérimenter ce simple « être », par opposition à l’attitude orientée vers le « devenir » qui domine la plupart de nos activités ordinaires.


Les Trois Trésors

Le bouddhisme vénère traditionnellement trois « trésors » : le Bouddha, le Dharma et la Sangha.

Le Bouddha

Le Bouddha désigne Gautama Bouddha, fondateur du bouddhisme.
Il naquit vers 463 avant notre ère, à la frontière de l’actuel Népal et de l’Inde, fils d’un roi du clan des Sakya.
À l’âge de 29 ans, il quitta le palais pour chercher le sens de la vie. Après plusieurs années de quête, vers 35 ou 36 ans, il découvrit — à travers une pratique physique simple harmonisant le corps et l’esprit — ce qu’il cherchait : que le monde existe ici et maintenant, et que tout l’univers est parfait tel qu’il est.
Durant de nombreuses années, il enseigna à ses disciples cette pratique simple et la vérité essentielle qu’elle révèle — une vérité que tout être humain peut connaître.

Gautama Bouddha n’était pas un dieu, mais un homme. Il enseigna que chacun peut retrouver son état originel, calme et paisible. Ses enseignements ne relèvent pas du spirituel au sens surnaturel, mais sont profondément humanistes : par cette pratique simple, nous pouvons tous réaliser pleinement notre humanité.

Le Dharma

Le Dharma désigne à la fois les enseignements du Bouddha et la réalité simple, la vérité telle qu’elle est devant nous.
Gautama Bouddha enseigna que le monde réel dans lequel nous vivons à cet instant n’est pas identique à nos pensées ni à nos perceptions. Le monde dont il s’éveilla diffère de l’image abstraite que nous en portons et consultons sans cesse.
Il appela Dharma l’expérience directe de « ce qui est ici et maintenant » — la réalité, la vérité.

La Sangha

Gautama Bouddha organisa ses disciples en moines, nonnes, laïcs et laïques — une structure qui perdure encore aujourd’hui.
Nous appelons cet ensemble la Sangha : la communauté bouddhiste, la famille du Bouddha.

jeudi 9 octobre 2025

Unité du Corps-Esprit avec l'Univers

 Suite et fin du texte de Nishijima Roshi


Unité du corps et de l’esprit dans l’instant présent



D’ordinaire, nous pensons qu’il existe quelque chose que nous appelons « l’esprit » et autre chose que nous appelons « le corps », et que ces deux entités sont séparées, bien qu’elles exercent une grande influence l’une sur l’autre.


Dans le bouddhisme, nous considérons que le corps et l’esprit sont les deux faces d’une même réalité, que nous appelons « moi-même », mais que nous ne pouvons en vérité jamais saisir complètement.

Nous croyons que tout phénomène mental possède un aspect physique, et que tout phénomène physique possède un aspect mental.
Nous ne croyons pas à l’existence indépendante d’une entité appelée « esprit », séparée du corps physique, du cerveau, du système nerveux, etc.



Lorsque nous nous asseyons en zazen, puisque nous ne concentrons pas notre attention sur les pensées ou les perceptions, notre corps et notre esprit existent sans division, unifiés dans l’instant présent.


Lorsque notre esprit est dans son état ordinaire et que notre système nerveux autonome est équilibré, nous sommes dans l’état d’équilibre du corps et de l’esprit.


Unité avec l’univers

Lorsque nous pratiquons le zazen, non seulement pouvons-nous dire que le corps et l’esprit ne font qu’un, mais nous sommes aussi assis dans un état où il n’existe plus de distinction entre nous-mêmes et les circonstances extérieures — le monde qui nous entoure.


La plupart des gens ont, à un moment ou à un autre, fait l’expérience de ce simple sentiment d’unité avec toutes choses ; or, dans le zazen, nous pouvons remarquer qu’il ne s’agit pas seulement d’un sentiment, mais de l’état réel des choses, tel qu’il se manifeste dans l’instant présent.

Lorsque nous sommes assis en zazen, nous sommes un avec l’univers, et cet état englobe toutes les choses et tous les phénomènes.


En ce sens, bien que nous fassions l’expérience de cet état, nous ne pouvons pas le saisir intellectuellement. Nous ne pouvons pas le décrire de façon complète.


Nous appelons cet état « ineffable », ou « dharma », ou encore « vérité » ou « réalité ».
Mais même ces mots sont insuffisants pour décrire l’état simple et originel auquel nous revenons dans la pratique du zazen.


Harmoniser le corps — un système nerveux autonome équilibré

Dans le zazen, nous nous asseyons sur un coussin posé au sol, les deux jambes croisées, le bas du dos, le haut du dos et la tête tenus droits, verticalement alignés. Maintenir la colonne vertébrale droite a un effet direct et immédiat sur le système nerveux autonome, qui contrôle de nombreuses fonctions de notre corps. Ses effets incluent la régulation du rythme et de la force de contraction du cœur, la constriction et la dilatation des vaisseaux sanguins, la contraction et la relaxation des muscles lisses de divers organes, la capacité de focalisation des yeux et la taille des pupilles, ainsi que la sécrétion d’hormones par diverses glandes directement dans la circulation sanguine.





Le système nerveux autonome est composé de deux sous-systèmes : le système nerveux sympathique et le système nerveux parasympathique.

Lorsque le système sympathique est stimulé, notre rythme cardiaque augmente, les artères et les veines se contractent, les poumons se relâchent et les pupilles se dilatent ; en résumé, nous devenons tendus et vigilants.

Lorsque le système parasympathique est stimulé, c’est l’inverse qui se produit : le rythme cardiaque diminue, les artères et les veines se dilatent, les poumons se contractent et les pupilles se resserrent.

Lorsque le système sympathique est stimulé, notre rythme cardiaque augmente, les artères et les veines se contractent, les poumons se relâchent et les pupilles se dilatent ; en résumé, nous devenons tendus et vigilants.

Lorsque le système parasympathique est stimulé, c’est l’inverse qui se produit : le rythme cardiaque diminue, les artères et les veines se dilatent, les poumons se contractent et les pupilles se resserrent.

On voit donc que ces deux systèmes préparent le corps à une réponse active ou passive — ce qu’on appelle parfois le syndrome du « combat ou de la fuite ».

Lorsque l’effet des deux systèmes sur les organes est équilibré, nous ne sommes ni prêts à combattre, ni prêts à fuir ; nous sommes dans un état normal.

Les nerfs parasympathiques émergent de la moelle épinière à la base de la colonne (au niveau des deuxième, troisième et quatrième vertèbres sacrées) et à travers les vertèbres crâniennes du cou, tandis que les nerfs sympathiques émergent de la moelle épinière à travers les vertèbres situées au milieu du dos (des vertèbres T1 à L2).

Maintenir la colonne vertébrale normalement droite, avec la tête reposant bien d’aplomb sur le sommet de la colonne, minimise la compression des nerfs de ces deux systèmes aux points où ils émergent des vertèbres, et garantit un apport sanguin ininterrompu, leur permettant de fonctionner normalement.

Lorsque les systèmes parasympathique et sympathique fonctionnent tous deux correctement, ils agissent en opposition pour nous donner un état d’équilibre du corps et de l’esprit : ni trop tendu, ni trop relâché, ni trop optimiste ni trop pessimiste, ni trop agressif ni trop passif.
C’est cet état physique d’équilibre du système nerveux autonome qui engendre ce que nous appelons un corps-esprit équilibré.

De plus, s’asseoir dans une posture verticale, où la force de gravité agit le long de la colonne jusqu’au bassin, place le corps dans une position où ses réflexes peuvent fonctionner efficacement pour intégrer le fonctionnement de l’ensemble du corps.

jeudi 2 octobre 2025

Qu'est-ce que nous expérimentons en zazen ?

Vous trouverez ci-dessous la traduction d'un court texte de Nishijima Roshi intitulé qu'est-ce que nous expérimentons en zazen : 

Partie 1 C'est différent de la pensée ...

" L’état du zazen est sans intention et se distingue de la pensée. 

Cette affirmation peut sembler étrange, car nous avons l’habitude de croire que nous pensons sans arrêt. Pendant le zazen, nous évitons de suivre volontairement un enchaînement de pensées en nous concentrant sur le maintien de la posture. Bien sûr, des pensées et des images surgissent spontanément dans la conscience, mais elles n’ont pas d’importance. 

Lorsque nous remarquons que nous sommes en train de penser à quelque chose, il suffit simplement d’arrêter. Si nous corrigeons notre posture, la pensée ou l’image disparaît, la conscience s’éclaircit peu à peu et un sentiment de paix s’installe. Dans cet état paisible et équilibré, nous sommes dans cet état « différent de la pensée ».

Cependant, si nous cherchons intentionnellement à atteindre cet état différent de la pensée, nous ne pouvons jamais y parvenir. Quand, au cours du zazen, l’esprit est rempli de pensées et d’émotions, il faut le laisser tel qu’il est. Les préoccupations montent alors à la surface pour se dissiper dans l’univers. 

Ainsi, en revenant simplement à la posture, nous retrouvons naturellement notre état originel au fil de la pratique."

A suivre...

vendredi 5 septembre 2025

Genjo-Kôan : l'univers réalisé



En traduction moins littérale (et bien moins poétique) cela peut donner : 

Etudie toi-même; oublie toi toi-même, tu peux alors vivre l'harmonie avec tous les êtres et le cosmos; ainsi s'éprouve l'état où l'on s'est dépouillé des sensations et des cognitions et l'on expérimente un éveil sans trace de l'éveil.



dimanche 17 août 2025

Rentrée du Dojo Zen de Malemort le jeudi 4 septembre

Nous avons le plaisir de vous annoncer la reprise des méditations hebdomadaires (Zazen et enseignement) tous les les jeudis soirs (sauf moitié des vacances scolaires)  

Le jeudi 4 septembre à 20 heures (Merci d'arriver 10 minutes avant) 



Salle d'activité des APF / France Handicap, Impasse Tour de Loyre à Malemort.

Horaires inchangés : le jeudi de 20 heures à 21 heures 30.

Pour une première séance de découverte (possible toute l'année) contactez nous par mail (dogensangha.naq@gmail.com) ou par téléphone (Laurent - 06 52 63 41 42) pour une prise de rendez-vous pour une initiation 30 minutes avant le début de la séance.

Si possible, prévoyez une tenue sobre et confortable permettant de croiser les jambes et de respirer aisément. Les personnes ne pouvant pas pratiquer assir jambes croisées ou à genoux peuvent méditer sur une chaise dans une position adaptée.

QUI SOMMES NOUS

La hutte d'herbes

Sekito Kisen : "J’ai bâti une hutte d’herbes dans laquelle vous ne trouverez rien de valeur. Après manger, je me détends et fais un so...