jeudi 6 juin 2024

Mettā Sutta : un hymne à l'amour universel (bienveillance)

 Paroles du Bouddha sur la bienveillance


Traduit par Jeanne Schut


La bienveillance envers tous les êtres est la vraie religion. 
Buddhacarita.


Voici comment devrait se comporter
Celui qui a développé des qualités de bonté
Et qui connaît la voie de la paix : 
Qu'il soit appliqué et droit,
Direct et doux dans ses paroles.
Humble et sans prétention,
Satisfait et aisément contenté.
Qu’il ne se laisse pas submerger par les obligations et demeure frugal.

Qu’il soit paisible, maître de ses sens,
Naturellement discret, sans exigences.
Et qu'il ne fasse rien
Que les sages, plus tard, pourraient condamner.

Qu’il médite ainsi :
« Prenant moi-même refuge dans le bonheur et la paix,
Je souhaite que tous les êtres soient heureux et en paix.
Que tous les êtres vivants, quels qu’ils soient —
Les faibles comme les forts, tous sans exception,
Les grands et les puissants, les moyens et les petits,
Visibles et invisibles, proches et lointains, nés et à naître —
Que tous les êtres soient heureux et en paix !
Que nul ne trompe autrui, ni ne méprise aucun être, quel qu’il soit.
Que nul, par colère ou aversion, ne souhaite de mal à autrui. »

Comme une mère, au péril de sa vie,
Protège son enfant, son unique enfant,
Ainsi doit-on ouvrir son cœur à l’infini à tous les êtres vivants,
Rayonner la bienveillance envers le monde entier :
Ouvrir son cœur dans toutes les directions –
En haut, en bas et tout autour, sans limites –
Libre de toute haine et de toute aversion.
Que l’on soit assis, debout, en marche ou couché,
Tant que l’on est éveillé, on doit toujours être fidèle à ce souhait.
C’est ce que l’on appelle
« Demeurer dans un état divin ici et maintenant ».

Sans se laisser piéger par des croyances erronées
Celui qui a le cœur pur, qui voit la vérité ultime des choses
Et s’est libéré de tous les désirs sensoriels,
Ne reprendra plus jamais naissance dans ce monde.

vendredi 31 mai 2024

Bendowa : conversation au sujet de la Loi

 Après le Shin Jin Mei (Cf. article précédent) nous étudions ces dernières semaines le Bendowa de Maitre Dôgen.

Ben signifie "faire un effort", "s'efforcer" ou "poursuivre",  signifie "la voie" et par extension, "la vérité" et wa signifie "un sermon" ou une "histoire". Maître Dôgen se servait habituellement du mot bendô pour indiquer la pratique de zazen, et Bendôwa signifie donc un discours ou sermon sur la poursuite de la vérité, ou à propos de la pratique de zazen.

(photo Temple zen Eihei-Ji - source wiki)

On peut considérer le texte comme un manifeste doctrinal (dont les idées seront développées dans le Shôbôgenzô) composé au temple An'yôin en 1231 par Dôgen. Celui-ci vient de passer cinq ans en Chine, où il a étudié le zen selon l'école Caodong auprès du maître chinois Ruijing (jap. Nyojô). À son retour, en 1227, il séjourne tout d'abord à Kyoto, au temple de Kennin-Ji, mais l'endroit ne convient pas vraiment à son projet: transmettre l'enseignement du Bouddha tel qu'il l'a reçu de Nyojô, et qui diffère du style zen Rinzai alors en cours au Japon. Il quitte donc Kennin-ji en 1230, et séjourne dans un temple aux environs de Kyoto.

C'est donc une période intermédiaire entre son retour au Japon et la fondation du Kosho-Ji en 1233, et ce texte marque le début de son enseignement, dont il annonce les principaux thèmes en prenant ses distances avec les autres écoles.



lundi 29 avril 2024

Shin Jin Mei

 « Pénétrer la Voie n’est pas difficile, mais il ne faut ni amour, ni haine, ni choix, ni rejet. Il suffit qu’il n’y ait ni amour, ni haine pour que la compréhension apparaisse, spontanément claire, comme la lumière dans une caverne. »


Maître Sosan

vendredi 1 décembre 2023

Rôhatsu Zazen à Malemort le jeudi 7 décembre

 Rōhatsu (littéralement « huitième jour du douzième mois lunaire », japonais : rōhatsu 臘八 ou jōdō-e 成道会  ; anglais : bodhi day) est un terme du bouddhisme zen désignant les commémorations de l'éveil du Bouddha » (Siddhartha Gautama), le 8 décembre étant traditionnellement la date à laquelle le Bouddha a atteint l'éveil.

Selon la tradition, le bouddha historique abandonna les pratiques ascétiques extrêmes qu'il avait suivies durant six ans, et décida de s'asseoir en méditation sous un arbre pipal jusqu'à ce qu'il découvre l'origine de la souffrance et les moyens de s'en libérer.

Les offices et les traditions varient selon les écoles, mais toutes commémorent l'accomplissement du nirvana par le Bouddha et sa signification pour le bouddhisme aujourd'hui. À titre individuel, les fidèles peuvent choisir de commémorer l'événement par une méditation plus intensive, l'étude du dharma, la récitation de textes bouddhistes (sūtra) ou la réalisation de bonnes actions envers les autres êtres. Certains bouddhistes commémorent ce jour avec un repas traditionnel composé de thé et de gâteaux et accompagné de lectures

(texte librement inspiré de l'article Wikipédia : Rôhatsu).



Pour ce qui concerne la Dogen Sangha Nouvelle Aquitaine

Le jeudi 7 décembre au soir (soit symboliquement la nuit du 7 au 8 décembre) nous vous proposerons un zazen unique plus long que d'habitude, suivi d'un enseignement spécial sur l'éveil du Bouddha avec partage de thé/tisanes et de petits gâteaux.

Visiteurs occasionnels ou débutants, toutes et tous sont bienvenus. Simplement pour les visiteurs, merci de prévenir de votre venue et pour les débutants il est impératif de prendre rendez-vous 30 minutes avant la séance pour une initiation à la posture ( mail à : dogensangha.naq@gmail.com ou message au 06 52 63 41 42).

Lieu habituel : Local APF de Malemort

Horaire (presque) Habituel : 20 heures à 22 heures.

Tarif : Participation libre et consciente.

dimanche 26 novembre 2023

Quand la fleur se fane, où s'en va son parfum ?

Grazyna Perl - Quand la fleur se fane, où s'en va son parfum : enseignements d'une maitre zen.


La raison fondamentale pour laquelle "tout est souffrance", c'est que la plupart des hommes sont hantés par l'effroi de ne plus être en vie un jour, par la peur de perdre ce qu'ils possèdent, biens, position sociale, êtres proches, santé, force et beauté... alors même que cela est inévitable. On sait que la beauté et la santé ne durent qu'un temps, mais l'on voudrait qu'elles soient éternelles; alors naît la souffrance. On s'attache à des biens matériels, à des objets précieux, alors qu'ils peuvent nous être dérobés; la crainte qu'ils le soient et nos efforts excessifs pour les protéger suscitent d'autres formes de souffrance.

On s'accroche à des titres ronflants qui risquent d'être méprisés ou contestés; encore source de souffrance. On ne peut se passer de belles peintures, de mets exquis, de parfums capiteux, pourtant si fugaces; leur inaccessibilité nous rend malheureux... Au lieu de savourer la vie pleinement dans ce qu'elle nous donne ou ce que l'on peut en obtenir à chaque instant, nous nous battons obstinément pour posséder et retenir ce que l'on ne possède ni ne retient.

Quel remède alors ? La révolution opérée par le Bouddha consiste à dire : il n'y a aucune raison de souffrir, aucune justification aux douleurs, tout simplement parce que celles-ci reposent sur un attachement à l'idée illusoire, que les choses et les êtres nous appartiennent durablement et peuvent rester inchangés. Elle naît de notre soif irréaliste de demeurer éternels, de notre sentiment faux, d'être des "soi", des âmes distinctes du reste de l'univers, et de notre rêve de subsister en dépit de tout ce qui autour de nous, passe. La peur de vieillir, l'angoisse éprouvée à l'idée de mourir tiennent au même rêve. Et nos actions pour retarder ou nier leur venue, engendrent de la souffrance.

Beaucoup vivent avec la conviction intime, informulée, qu'il faut multiplier les activités - écrire des livres, peindre des toiles, tourner des films qu'ils laisseront derrière eux - pour faire reculer la mort. Mais tous ces combats, pour belles que soient les réalisations auxquelles ils conduisent , sont rendus vains par les faits. Que nous ayons gesticulés ou attendu patiemment, nous vieillissons, nous tombons malades et nous quittons ce monde.

Alors quoi ? Attendre tristement que la mort survienne ? Ne rien désirer, ne rien entreprendre, ne rien créer, puisque tout cela est voué à disparaître ? Pas du tout ! Vivre ! mais libérés de la souffrance. Vivre avec la pleine conscience que la vie est passage, que ce jour, cet instant sont uniques. Vivre sans s'attacher à ce qui ne dure pas, sans résister à l'inévitable.

jeudi 26 octobre 2023

A propos de l'ineffable

 En 1974 Nishijima Roshi a participé à trois émissions sur la radio NHK au Japon.

Au cours d'un de ces échanges il explique la position du Bouddhisme, selon son point de vue, à propos de l'Univers, de Dieu et de l'ineffable :

"Pour le Christianisme, Dieu gouverne l'Univers. Pour le Marxisme, il n'y a pas de Dieu. Ce n'est pas une question que l'on peut résoudre avec notre intellect. Par contre, nous pouvons expérimenter cette vérité dans l'action juste. Les Bouddhistes pratiquent Zazen pour expérimenter (dans leur corps-esprit) que l'Univers est Dieu lui-même; Dieu est l'Univers. Les Bouddhistes ne croient pas qu'il existe un Dieu en dehors de l'Univers. De plus, les Bouddhistes dénient l'idée matérialiste qu'il n'y a pas de Dieu..."

Selon les catégories de la métaphysique occidentale cela pourrait revenir à dire que le Bouddhisme est un panthéisme (ou plus exactement une panenthéisme). Mais, plus loin dans le même entretien, en réponse à une question Maître Nishijima précise en introduisant le mot d'ineffable qui fait le titre de l'article; il dit :


" J'ai exprimé que Dieu et l'Univers étaient une seule et même chose, mais cela est seulement une explication (verbale/intellectuelle). Les Bouddhistes ne ressentent pas la nécessité de croire en l'existence d'un esprit défini ou en une essence qui serait objectivable. Dans la théorie Bouddhiste, nous disons qu'il y a "quelque chose" qui ne peut être expliqué avec des mots : l'ineffable. Certains appellent cela "l'Univers", d'autres "Dieu" , d'autres encore nomment cela "matière" ou "âme". Mais dans le Bouddhisme nous nos contentons de dire que ce quelque chose qui existe ne peut être expliqué par des mots."


Définitions :

Ineffable : https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/ineffable/42759 

Panthéisme : https://fr.wikipedia.org/wiki/Panth%C3%A9isme 

Panenthéisme : https://fr.wikipedia.org/wiki/Panenth%C3%A9isme 



samedi 21 octobre 2023

Vacances et reprise le jeudi 2 novembre

 Pas de pratique collective le jeudi 26 octobre (vacances)

Reprise le jeudi 2 novembre à l'endroit et aux horaires habituels.


Très belle semaine à toutes et tous.




Moine en Esprit

 Alors j'ai demandé à Maître Kodo Sawaki s'il m'acceptait comme disciple et je lui ai demandé de devenir moine. " S'il vous plait acceptez moi comme disciple."

Il m'a répondu : " Vous n'avez pas besoin de devenir moine, car l'attitude professionnelle de "moine de carrière" n'est pas bonne. Si tu veux devenir un vrai moine zen, viens pratiquer le zazen avec moi. Tu n'as pas besoin de te raser la tête, de t'habiller en moine, d'abandonner ta famille, ou de vivre dans un monastère." Pour devenir un moine en esprit il n'était pas nécessaire de changer mon mode de vie.

Taisen Deshimaru

                                                    (photo K.SAWAKI)


QUI SOMMES NOUS

Conférence publique à Brive le jeudi 24 septembre 2026